Accueil A LIRE ! Accès Tarifs Documents Liens-Contacts

Les pièges de l’interrogatoire

Lorsqu’un patient raconte raisonnablement un trouble visuel, il a toujours raison sauf dans deux cas :

« Je ne voyais plus de mon œil droit »

2 fois sur 3, s’il n’a pas fait le test de cacher un œil puis l’autre, le patient se trompe : l’œil droit et l’œil gauche voyaient tous les deux mal sur le côté droit.

Un moyen simple de faire la différence est que la baisse de vision d’un œil n’empêche pas de lire. Si vous ne voyiez plus que la moitié gauche des choses, c’est que les deux yeux voyaient mal sur la droite, et non que l’œil droit voyait mal.

« Depuis ce matin je vois flou de mon œil droit »

Parfois, en fait, la baisse visuelle est plus ancienne, et le patient s’est aperçu brutalement d’une baisse progressive ancienne.

Une question essentielle est : comment vous êtes vous rendu compte de cette baisse de vision ? Si la réponse est, par exemple, « en fermant l’autre œil pour me maquiller » ou bien « parce que cet œil me démangeait, alors j’ai fermé l’autre pour vérifier », la baisse visuelle peut être très ancienne.

L’autre question essentielle est : cette baisse pourrait-elle avoir existé depuis plusieurs jours sans que vous ne vous en soyez rendu compte ?

Vous n’êtes pas forcé d’avoir réponse à tout !

Certains patients arrivent en ayant déjà leur propre idée, parfois influencée par internet, et en voulant orienter le médecin vers cette idée, quitte à confirmer des vérifications qu’ils n’ont pas faites (cacher un œil puis l’autre, …) ou à « embellir » un récit.

Sans s’en rendre compte, ils mettent leur santé en péril.

Exemple : patient présentant une baisse visuelle brutale, à 1/10° de son œil gauche. Il répond que son œil lui fait mal lorsqu’il bouge les yeux. Cette douleur inventée suffit à faire affirmer un diagnostic faux. Trois jours après, c’est la vision de l’œil droit qui baissera. Ce n’est qu’à ce moment qu’il dira qu’en fait il n’avait qu’une gêne mais avait parlé de douleur parce qu’il croyait qu’il serait traité « plus en urgence ». Ce patient conservera malheureusement un handicap visuel. La douleur inventée avait fait diagnostiquer une inflammation du nerf optique alors qu’il s’agissait d’un infarctus du nerf optique.